Bruno Le Maire et Gérald Darmanin: "Nous sommes obligés de poursuivre la réforme"

Bruno Le Maire et Gérald Darmanin: "Nous sommes obligés de poursuivre la réforme"


Ce gouvernement a été élu avec la promesse de redresser le pays. A moyen terme, où se trouve cette reprise?

Bruno Le Maire: Les résultats financiers sont là. Après deux ans et demi, notre croissance a été régulière, bien au-dessus de la moyenne de la zone euro. les entreprises ont créé plus d'un demi-million d'emplois et la France est désormais le pays le plus attractif de la zone euro pour les investissements étrangers. Ces résultats sont dus au fait que nous avons fait des choix continus: celui du premier emploi mieux rémunéré: en supprimant les cotisations de chômage et de maladie versées par les travailleurs, la prime d’activité, la suppression de la taxe de 20% sur la PME ou même moins d'impôt sur le revenu.

Le choix de la politique d'approvisionnement, avec une transformation fiscale qui commence à porter ses fruits grâce à la baisse de la taxe sur le capital, à la baisse de la taxe, à la conversion du CICE en exonération fiscale.

Enfin, nous avons opté pour l'innovation en maintenant le crédit d'impôt pour la recherche et en vendant des actifs appartenant à l'État pour financer des technologies stratégiques. À cet égard,
privatisation des jeux français

est un succès populaire avec plus de 700 millions d'applications.

Pensez-vous que vous avez fait les bases …

BLM. : Non! Il y a beaucoup à faire! Notre objectif à présent est de faire de notre économie la première économie sans carbone de la zone euro. C'est exactement ce que son but est
Pacte productif

du Président de la République et du Premier ministre. Nous avons des décisions importantes concernant l’énergie, l’industrie et
la réduction des taxes sur la production

améliorer notre compétitivité.

Quand allez-vous commencer à les réduire?

BLM. : Notre objectif serait de pouvoir commencer à la fin de cette période de cinq ans avec une réduction des taxes à la production pendant une décennie et le financement associé. Du côté des États, nous pourrions commencer par le C3S. Le Premier ministre a également déclaré que les régions pourraient alléger la CVAE si elles le souhaitaient. Nous travaillerons dans le cadre du pacte de production au cours des six prochains mois avec toutes les parties prenantes, entreprises et communautés locales.

Est-ce que c'est économique?

Gérald Darmanin: Tout d'abord, gardez à l'esprit que nous avons tenu nos engagements à cet égard également, et ce n'était pas facile lorsque nous avons dû réaliser 5 milliards d'économies d'ici le début de l'été 2017. Mais cela a permis de restaurer la crédibilité de la parole de la France de manière rapide et durable. retour sous le déficit de 3%, ce qui nous a fait abandonner les procédures disciplinaires à Bruxelles! Même après la crise des "gilets jaunes", nous avons maintenu notre propre trajectoire de réduction du déficit, allant au-delà de ce qui était prévu pour les réductions d'impôts. Nous sommes donc conscients et saurons nous adapter aux priorités du Droit II définies par le Président de la République.

Les Français restent très sceptiques quant à ces résultats …

GD: Je suis né à Mitterrand, on me dit toujours que les impôts et le chômage augmentent! Or depuis deux ans et demi, ces courbes sont en baisse. Et je remarque qu'en Turquie, ces derniers jours, la classe ouvrière, les employés, les travailleurs viennent me remercier d'avoir supprimé la taxe sur le logement. Bien sûr, parfois, il dit que c'était le moment! Mais les résultats sont là et seront encore plus en janvier avec
la réduction de l'impôt sur le revenu de 5 milliards d'euros

.

Le retard budgétaire est-il derrière nous?

GD: Non, mais il faut dire que le bateau était très complet! Mais nous le réduisons considérablement. Personne n'a jamais éliminé une taxe de 22 milliards de dollars, telle qu'une taxe d'habitation. Personne n'avait réduit son impôt sur le revenu de 5 milliards de dollars, avec des heures gratuites et supplémentaires. Par ailleurs, le chômage a régulièrement diminué. Les entreprises, bien que légèrement plus lentes que prévu, créent des emplois – 540 000 en deux ans et demi – et grâce à une seule réduction.
la réforme de l'ISF

, les investissements sont faits au rendez-vous.

Les réformes fiscales visaient à réorienter l'épargne vers les entreprises, sans grand succès pour le moment. Préparez-vous d'autres mesures?

BLM: Pour obtenir des résultats dans ce domaine, les Français ont besoin d'une stabilité particulière dans leurs choix économiques et budgétaires. Prenons l'exemple du nouveau régime d'épargne retraite (PER) que nous venons de créer et qui a déjà du succès: nous pouvons combiner la protection des Français avec un produit d'épargne pour rendre leur retraite plus simple et attrayante, avec une meilleure économie de financement. Est-ce suffisant? Non, il faut continuer. En ce qui concerne l'assurance-vie, nous devons modifier le cadre européen de la directive Solvabilité II, qui pèse lourdement sur le financement en fonds propres des entreprises.

Un taux de chômage de 7% a-t-il encore atteint la fin de la période de cinq ans?

BLM: Oui! Le pacte de production devrait nous aider à atteindre cet objectif. Par exemple, un plan d’investissement orienté vers l’avenir et un plan d’investissement dans les compétences de Muriel Pénicaud nous permettront de mieux répondre aux besoins des entreprises de formation.

GD: Il y a un petit côté après la pluie, le temps. Il nous a fallu une bonne année pour mettre en place les outils d’investissement du plan de compétences, la réforme du Code du travail, pour nous engager
la chute de SI

Etc. Les créations d'emplois sont sur rendez-vous. Nous commençons à récolter ce que le président de la République a semé.

Emmanuel Macron parle maintenant du critère du déficit de 3% comme débat pour un autre siècle. Pouvez-vous expliquer ce retournement complet?

BLM: Il n'y a pas de changement. Le seul changement est que la France respecte désormais ses engagements européens! Pour la première fois en dix ans, nous sommes sous la barre des 3%. C'est la réalité! Nous nous sommes engagés à assainir les finances publiques et le restons. Cependant, ces règles européennes sont-elles immatérielles? Je tiens à vous rappeler que tous les États membres vont commencer à réviser les règles du pacte de stabilité dans les prochains mois afin de les simplifier.

Mais quel est l'avenir de l'Europe? Des 3%? Ou sur notre capacité à récupérer de la croissance, à investir dans les nouvelles technologies et à financer la transition écologique? C’est le vrai débat sur l’Europe au XXIe siècle. Le président de la République a raison de poser cette question.

Cela signifie-t-il notamment que la réduction du déficit devient un objectif secondaire pour le reste de la période de cinq ans?

BLM: Je le répète: nous allons continuer à assainir nos finances publiques et à maintenir une politique économique de l'offre. Parce que nous voulons avoir les moyens d'investir dans les nouvelles technologies et dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les investissements et la réduction du déficit ne sont pas incompatibles, bien au contraire! Les investissements augmentent le déficit et la dette. Nous le montrons depuis deux ans et demi.

GD: L’objectif est clair: nous voulons réduire le déficit, sans pour autant nous enfermer dans la vision d’un tableur Excel. Nous serons également le premier pays à disposer d'un budget vert, qui inclura une évaluation des recettes et des dépenses budgétaires et fiscales sur la base de leur impact sur l'environnement. C'est nouveau! En plus d'une lecture comptable, nous aurons une vision de bonnes dépenses l'année prochaine qui permettront d'atteindre nos objectifs climatiques.

De nombreux conflits sociaux dans la fonction publique, tels que la police ou l'hôpital, ne reflètent pas l'échec de la réforme de l'État et promettent de changer notre façon de travailler?

GD: Chaque situation est différente. pour
les hôpitaux

nous héritons d'un système de santé problématique avec une organisation d'une autre époque. La police, pour sa part, a été submergée par la crise des "vestes jaunes". Au-delà de ces situations particulières, ce gouvernement a très largement
modernisation de la fonction publique

, en particulier en ouvrant tous les postes de responsabilité aux contractants, en laissant la liberté d’administration aux responsables des administrations publiques, en améliorant la rémunération de la valeur, en fournissant des primes précaires comme dans le secteur privé pour les contrats à court terme. Il s'agit de la plus grande réforme de la fonction publique depuis 1946, que nous avons menée avec Olivier Dussopt.

BLM: Nous réformons l'État et nous le faisons dans le dialogue. Regardez les Chambres de commerce et d’industrie (CCI): nous avons réalisé une réforme structurelle qui représente une économie d’un demi-milliard d’euros et garantira la durabilité des chambres. Nous avons également réduit notre réseau régional de soutien aux entreprises pour tenir compte de l’importance croissante des régions: il est cohérent et juste. Mais nous avons également renforcé les missions de contrôle et de protection de l'État central afin de protéger nos technologies et notre savoir-faire.

Par exemple, nous accordons une attention particulière à l’acquisition de British Steel par un investisseur chinois. L'usine de Hayange fait partie du British Steel Group. Principal fournisseur ferroviaire de la SNCF, il s'agit donc d'un atout stratégique. Cela mérite un examen approfondi, duquel nous tirerons toutes les conséquences.

En ce qui concerne le nombre de fonctionnaires, le gouvernement a échoué dans ses ambitions initiales d'éliminer 120 000 postes …

GD: Cette observation est exagérée. L'engagement du Président de la République reposait sur une réduction de 70 000 postes dans la fonction publique territoriale et de 50 000 dans l'État. En premier lieu, cet objectif sera atteint grâce à des contrats signés entre le gouvernement et les autorités locales afin de limiter l'augmentation de leurs coûts de fonctionnement. En ce qui concerne l’Etat, nous éliminerons 27 000 personnes, dont 10 000 au ministère. En même temps, nous créons 17 000 postes au cours de la période de cinq ans, dont 10 000 policiers et gendarmerie, comme annoncé lors de la campagne électorale. Les Français ont exigé une plus grande présence des services publics à travers le pays, et dans un contexte de sécurité tendu, nous répondons.

La crise des "gilets jaunes" n'a-t-elle pas révélé un diagnostic erroné de la campagne: les Français veulent plus le "protéger" que le "le libérer"?

GD: La crise des «gilets jaunes» trouve son origine dans la hausse sans précédent du prix du carburant diesel avec la taxe sur le carbone et les attentes en matière de pouvoir d'achat. Je pense que c'est la taxe supplémentaire qui a créé ce vif. C'est pourquoi le président de la République a décidé d'accélérer les réductions d'impôts en réponse à la crise. Il y avait aussi l'expression d'un sentiment d'humiliation et de nombreuses demandes exprimées, parfois de manière contradictoire. Ils ont mal diagnostiqué la classe politique depuis plusieurs années.

Après cette crise, le gouvernement est-il toujours en mesure de réformer et de transformer le système de retraite en particulier?

BLM: Le gouvernement doit être transformé! La crise des "gilets jaunes" a montré la nécessité de s'attaquer aux problèmes fondamentaux. Que demandaient les "gilets jaunes"? La fin de l'injustice fiscale, conduisant un patron des médias ou un boulanger à payer plus d'impôts que Google, Facebook ou toute autre grande entreprise numérique. Notre taxe nationale sur les géants du numérique s'attaque à ce problème, dans l'attente d'une solution internationale au sein de l'OCDE.

Les "gilets jaunes" réclamaient également plus de dignité et une meilleure rémunération du travail. En conséquence, nous avons augmenté notre bonus d'activité de 100 € au niveau SMIC et augmenté notre participation et notre participation aux bénéfices. J'aimerais simplifier davantage les accords de partage des bénéfices pour les entreprises de moins de 11 employés. Notre objectif est clair: d'ici la fin de la période de cinq ans, 3 millions d'employés devraient avoir accès à un accord de partage des bénéfices, contre 1,4 million aujourd'hui.

GD: Nous pouvons, après les "gilets jaunes", appliquer le plus grand
réforme de l'assurance chômage

cela n'est jamais arrivé, tout comme le service public. Le gouvernement ne recule pas, il va avec courage! Mais le gouvernement adopte une nouvelle méthode basée sur les principes d'humanité et de proximité.

En ce qui concerne le travail de nuit dans le commerce des produits alimentaires, la nouvelle période de consultation de six mois n’était pas prévue …

BLM: Nous ne pouvons pas demander au gouvernement de parler plus longuement, puis de le critiquer pour avoir lancé une consultation afin de déterminer les conditions d'indemnisation des travailleurs! Ce sont des questions qui prennent beaucoup de temps, telles que les retraites.

En fin de compte, s’adresser aux églises est-il un indicateur nécessaire de la volonté réformiste du gouvernement?

BLM: Notre indicateur est de mettre en œuvre les engagements d'Emmanuel Macron. La réforme des retraites en fait partie. Nous voulons créer un plan global équilibré, plus simple et plus juste, au lieu de 42 régimes différents.

GD: Au moment où nous avons terminé toutes nos vies, le même travail est terminé, le système de retraite doit s'adapter. J'insiste sur un point: la pension d'un minimum de 1 000 euros pour ceux qui ont contribué toute leur vie, tels que les agriculteurs. Juste pour cela, nous devons avoir le courage d’être au rendez-vous et le gouvernement le sera.

Quelles mesures intégreront l’aspect écologique de l’acte II?

BLM: La transition écologique doit être accélérée. de
2020 PLF

nous interdisons les garanties à l'exportation pour le charbon et, dans le budget de 2021, nous irons au-delà. Je suis favorable à ce que la Banque européenne d'investissement devienne une banque climat pour financer la transition écologique à nos ambitions. La France est prête à augmenter sa part du capital pour servir cette ambition. Nous promouvons la tarification du transport aérien au niveau européen.

Mais la transformation essentielle doit venir du pacte de production. La reprise industrielle, à travers une production plus propre, doit nous éviter de perdre tous les fronts: au cours des vingt dernières années, les délocalisations massives ont entraîné à la fois un chômage et des émissions mondiales de CO2 dues aux importations. de pays moins respectueux de l'environnement que nous. C'est un double risque! Il est temps de changer de modèle et de transférer la production industrielle en France.

Et si l'Assemblée des citoyens préconise à nouveau la taxe sur le carbone …

GD: L’écologie, c’est le climat, mais aussi la biodiversité, l’économie circulaire… c’est un programme cohérent et ambitieux, mais il doit aussi s’agir essentiellement de réalisations concrètes, comme l’objectif du plastique 100% recyclable. Et à mon avis, cela devrait être une motivation et non une punition comme une taxe. Je ne crois pas aux dispositifs tels que la prime de conversion pour les anciens véhicules polluants ou la prime future qui remplacera le crédit d’impôt pour crédit d’énergie afin de changer les habitudes.

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